Mardi 3 novembre 2009
En réponse à un post sur camptocamp.org, concernant le prix trop élevé des articles de sport (montagne), un sujet qui me concerne ...



Euh, désolé mais moi je le trouve pas assez cher le matos en général et de montagne en particulier ...Pourquoi ?

Je préfererai qu'il soit plus cher pour, par exemple, qu'il soit fabriqué encore chez nous ou chez nos voisins "directs" plutôt que chez les chinois qui n'en n'ont pis que foutre de notre pomme (et nous réciproquement). En plus je pourrais mettre des drapeaux tibétains sur mon balcon en toute sérénité.

Quitte à ce qu'il soit un peu plus cher, tiens, je le prendrais pour qu'il respecte un maximum l'environnement dans sa conception, sa production et son recyclage. D'ailleurs le respect de l'environnement commencerait par éviter de produire aux antipodes ... dans ces pays où la législation sur la pollution industrielle est inexistante.

Et puis tant qu'à faire, cet achat, je préfererai me dire qu'il a offert aux personnes de quoi vivre et être en bonne santé parce que sinon j'aurais la vague impression d'être un esclavagiste. Tout ça non pas pour survivre mais pour mes loisirs.

Le fait qu'il soit plus cher me ferait réfléchir à deux fois avant de l'acheter. Je prendrai le temps de chercher la perle rare qui me convient quitte à attendre les soldes ou braderies ou encore le commander sur le net.  C'est vrai qu'en échange, j'en profiterais pour exiger qu'il soit de bonne qualité , durable et réparable. Et malheur à la marque qui ne respecterait pas ce contrat..

Je me dirais en sortant la CB que vu que c'est cher, j'ai plutôt intérêt à me mettre à fond dans cette actvité et pas me disperser (pour l'instant) dans d'autres activités et conneries. Je me dirais aussi qu'en choisissant un produit polyvalent je pourrais faire l'économie de deux produits super spécialisés.


Mais c'est vrai que si c'est trop cher eh bien! je me creuserai un peu le ciboulot et chercherai du matos d'occasion ou alors j'en louerai. Peut-être même que je m'en ferais prêter par des amis.

Voire, soyons fou, peut-être que je commencerai à réfléchir pour me fabriquer ce que je voulais acheter. Un peu comme Y. CHOUINARD en son temps et avec ses pitons. Je me rappellerai à cette occasion  que tout travail mérite salaire; alors j'essaierai de me coudre une veste de montagne ou un sac à dos histoire de voir. Je me dirais vu le résultat qu'en fait c'est vachement complexe comme produits ....

Et puis, en évitant d'aller chez Décathlon -  quelle que soit la qualité de ses produits, pas si mauvaise que ça en général- j'encouragerai la biodiversité des entreprises. Parce qu'avec 40% des ventes d'articles de sport en France et une politique de marque propre aussi affirmée, il y a plus que des risques de casse pour les autres marques. Et qui dit monopole un jour dit en général hausse des prix le lendemain...

Bon, je suis pas énervé en fait. Chacun ses choix, ce n'est pas un crime de ne pas être millionaire ;-). Je ne suis pas près de l'être vu que je bosse dans une des ces (autres) boîtes qui font des articles de sport par passion plus que pour les profits (vraiment faibles sur le long terme, voire la vente d'Eider ou Simond). Je vois par contre trop bien les conséquences du low-cost dans mon métier pour ne pas rappeller qu'on a malgré tout une responsabilité dans nos actes (et donc dans ses achats).

Mieux vaut il payer plus cher avec un salaire que moins cher avec ses indemnité de chômeur ? (Eric Orsenna, Voyage au pays du coton)


Par contre, les marques qui ne fabriquent pas en chine, on peut effectivement commencer à les compter ....

Petzl pour les baudriers, piolets etc ...
Pour le parapente ITV et surtout Nervures qui fabrique de belles voiles ici en France !
Sacoches de vélo :  Ortlieb.
Pour la veste de montagne, il y a la Vertical Dheu http://lafabriquehexagonale.com/2009/10/dheu-la-veste-technique-100-made-in-france/
http://lafabriquehexagonale.com/2009/04/ski-articles-sports-dhiver…/ pour tout le reste !
 

 
Par Bruno Deloustal
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Samedi 24 octobre 2009

 

 

10-11 Octobre 2009

 

Tout seul dans le bus, je me demande bien pourquoi on appelle cela des “transports en commun”. Peut-être parce qu’avec le chauffeur, on est effectivement deux dans ce mini bus. Donc il fallait qu’il y ait en une autre personne - moi en l’occurence- pour labelliser ce bus “transports en commun” et non “gros gâchis d’argent public et de CO2”. Et donc voilà comment en quelques secondes on peut répondre à la question “Qu’est-ce que je fais là?”. J’aime bien répondre rapidement aux quelques questions existentielles qui peuvent se poser ça et là. Car après, cela laisse que plus de temps pour admirer le paysage, la conscience tranquille. Aujourd’hui, c’est le Beaufortain qui se dévoile montée faisant. Un petit coup d’oeil en arrière - c’est bon il y a une file respectable de voitures qui piétine derrière ma limousine... Oui, on existe comme on peut et mon chauffeur a décidé de ne pas laisser passer les gens pressés : priorité aux écolos. Tu me plais bien chauffeur, à ne pas trop te hâter.

 

Car de la hâte, il va en falloir après. Le plan est bien foireux comme je les aime : faire compliqué quand on pouvait faire simple, c’est ça la (vraie) classe. Donc le plan c’est de rejoindre les potes à un refuge en plein milieu du Beaufortain - le bien nommé refuge de Presset -  histoire de manger une fondue. Le tout sans avoir recours à la voiture. 

 

Deux accrocs à négocier pourtant: l’heure tardive de l’unique bus de la journée (mais on l’a vu, un bus pour un usager c’est juste ce qu’il faut) et puis une courte distance: au moins 15 kms, deux cols et accessoirement un peu de dénivelé. Il est 16 heures, mi-octobre et je suis à l’arrache-  pardon à Arêches-  oui je sais il est pourri mon humour - et il faut donc marcher vite car il y a bien au moins 3 heures selon mon chauffeur pour rallier le point A au point F (Fondue). Je le laisse avec son regard vaguement soucieux, un peu comme dans la scène de début de Into the Wild, la neige, les bottes et je l’espère la fin tragique en moins. T’inquiètes Huguette, j’ai tout ce qui faut ... à part la carte toute neuve de ce matin que j’ai perdue dans le train : un duvet, un réchaud et du Muesli au chocolat. Et la frontale, cet accessoire magique, la compagne des fâchés avec les horaires et les sentiers battus.

 

La montée commence dans les nuages et puis ceux-ci décident de m’accompagner jusqu’au col du pré, attirés sûrement là haut par l’intermittente promesse de ciel bleu. Pas un chat sur la route, juste les sonnailles et les chalets replets, comme repus de ce bel été. Le bruit des avions aussi, qui vient troubler ma sensation d’équilibre entre l’homme et la nature. Car c’est dans le silence qu’on peut découvrir - à rebours-  la vertigineuse agressivité de ce monde. 

 

Les noisettes crissent sous mes pieds, la montagne déroule un plaisant tapis d’or. Pauvre de désirs, riche de contentements proclame le plus petit chalet d’un des hameaux traversé. Tout cela dit, je regrette franchement d’avoir à presser le pas- et de devoir laisser brouillard et soleil se chamailler dans d’improbables tableaux quelques arbres accrochés aux pentes. Le col du pré est avalé sans la moindre pause- puis c’est la redescente vers Treicol. Les arbres paradent de toutes leurs belles couleurs d’automne et sans aucune retenue se mirent dans le lac de Roselend. C’est très beau, je suis vraiment content de n’avoir pas pris mon appareil photo. On ne sait jamais, j’aurais risqué de réussir une ou deux photos....

 

Treicol, 18 heures, les voitures des amis sont là. Pas les amis. Je m’autorise une petite pause à méditer sur ces carcasses inertes qui attendent servilement le retour de leur propriétaires; s’en passer procure un tel sentiment de liberté, oh! si vous saviez. Je ne traîne pourtant pas, le soleil baisse très vite et le sentiment de liberté est comme souvent, - très vite en fait- remplacé par une vague anxiété. Je suis tout seul, en montagne et la nuit qui ne vas tarder à remplacer cette belle journée. Et tout d’un coup, l’impression d’être si loin d’ici, la nette image d’un lointain là-bas. Le dépaysement, l’aurais-je ressenti pareillement si j’avais procédé autrement pour venir ici ?  Comme en voyage au coeur de montagnes inconnues. Et pourtant à deux pas de chez moi.

 

 

Dans la montée pressée vers le refuge de Presset, le pas baisse à mesure que la nuit impose son règne. A mesure que l’humidité revêt son lourd manteau. Fantomatiques rochers, imprécises montagnes, mais il est encore loin ce p* de col? L’espace d’un instant, la durée et l’effort viennent questionner la motivation. C’est en général là le moment de se montrer soit philosophe soit persévérant ou si on y arrive, de ne pas trop réfléchir. Le mieux c’est d’arriver à faire les trois en même temps.

 

Et puis c’est le col et puis c’est la faible lumière d’une frontale d’un refuge qui vient réchauffer le coeur. Chaque pas n’en devient que plus interminable mais enfin, le bruit sourd de la terrasse en bois. Arrivée triomphale “ Bravo! tu l’as fait!. On t’a gardé un peu de foie gras” - merci- la fondue est prête. Il est 8 heures et toutes fatigues se sont envolées; encore une fois le même miracle se produit : ajoutez un zeste d’effort, quelques difficultés à lever et puis tout ne vous en paraîtra que plus beau. 

 

Après une soirée aussi excellente qu’arrosée et de ce fait difficilement relatable, petit-déjeuner dominical entre amis, au soleil,  en terrasse,  avec vue sur la Pierra Menta et les glaciers de la Vanoise. C’est bien moche la vie.... Je quitte  les dits amis. Ils partent grimper. Pas moi,  Acte II : continuer la traversée. Direction Aime pour reprendre mon train vers Annecy. 

 

Le pas se fait léger, j’ai plus le temps aujourd’hui même s’il ne faudrait pas rater le dernier train - 17h28. Ces horaires à respecter, c’est je pense ce qui fait peur aux gens. Pas de contraintes, jouir sans entraves. Et pourtant, ces contraintes sont comme un marche-pied qui permet d’accéder à un autre monde, un monde de liberté paradoxalement. A d’autres possibilités bien plus subtiles et puis surtout, à un sentiment d’équilibre. A la belle conversation avec le temps qui passe, - avec la distance aussi- s’ajoute alors comme une bienfaisante sensation d’être à sa place. Indéfinissable instant, sorte de souvenir des temps anciens. Une sensation pourtant empreinte d’un léger regret quand les stigmates de la modernité apparaissent.

 

 

Belle descente le long des torrents, je croise plus d’ânes, de quadistes et de chevaux que de randonneurs. La descente est longue, les raccourcis procurent de belles occasions de commencer à imaginer une nuit supplémentaire en Tarentaise. C’est parfois le temps qui vous prend ... Enfin la descente dans la vallée, à travers les vergers, les lignes électriques et les pentes illuminées par ce doux soleil d’automne. Le mont Pourri altièrement couvert de neige se détache scandaleusement dans le ciel bleu. Je me serais bien tapé un petit vol ...

 

Arrive enfin Aime, juste à temps pour manquer l’avant-dernier train. Et c’est comme toujours quand il ne faut pas, que la première et unique catastrophe de la journée se produit : Pas un bar d’ouvert, impossible de boire un demi.... Il me reste juste assez de temps pour faire de ce  que je peux de toilette, histoire de ne pas avoir trop à rougir dans le train qui est en fait un bus et qui cette fois est un peu plus occupé. 3 heures plus tard, entre ciel et terre, entre joie et fatigue, c’est le retour dans mes pénates. Si près et pourtant si loin....

 

 

Fiche pratique : 

 

Albertville-Beaufort/ Arêches. Bus 9,80€ (0,36/km). Plusieurs trajets par jour en saisons (hiver et été).

 

http://www.areches-beaufort.com/acces.htm

 

La montée au refuge de Treicol au départ d’Arêches est déjà une bonne bambée. La descente sur Aime est assez longue mais belle. Elle doit passer en parapente

 

Aime et la vallée de la Tarentaise en général sont bien desservies en trains/bus


Par Bruno Deloustal
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Jeudi 8 octobre 2009

Parlons covoiturage. Parce que c’est bien beau, les transports en commun (quand ils existent) impossible de se priver complètement de voiture. Alors, déjà pourquoi ne pas covoiturer? 

 

Promis j’arrête la voiture ... Mais bon voilà, on peut pas s’en passer en fait, même quand on veut. Parce qu’on l’a dans le nez, la vue et les esgourdes. Partout, tout le temps, elle fait partie de la bande son de notre quotidien.

 

Alors oui je l’avoue, j’en prends encore un peu, en douce ou par nécessité, du kilomètre. Wah, je m’en roule un ou deux et puis je finis par en fumer une bonne dizaine... Oui je sais, c’est pas sérieux mais bon cela reste une drogue dure, la route. Hop une petite ligne - blanche! Mais bon je ne suis pas un addict solitaire, je fais ça de façon festive, à plusieurs et toujours avec mes chauffeurs. J’ai des principes...

 

Oui, très cher, j’ai des chauffeurs. What else ? Non pas un, ni deux mais vraiment beaucoup ... trop. Bon d’accord ils conduisent pas tous des Rolls, mais je ne fais pas la fine bouche, loin de là (ça me rapelle un sketch de Coluche). Faites un peu de stop un jour pluvieux - vous aurez l’impression bizarre de vous trouver en plein désert- (technique d’ancien : inspirer juste ce qu’il faut de pitié en sortant votre plus beau regard de Bambi ) Et puis après vous regarderez avec bienveillance celui qui tient le volant. Et sa citrouille....

 

Mais bon voilà, être un chauffeur, c’est un métier difficile. Déjà, il faut conduire et c’est chiant, moi j’préfère regarder les montagnes, les belles filles ou les hérissons écrasés.  Et puis y a ce  papier rose que des poulets bleus adorent picorer, j’ai pas trop compris pourquoi, mais bon une fois qu’ils ont plus rien à se mettre sous la dent, hop! plus le droit de conduire ... et puis il faut en plus payer .... Liberté, égalité, renflouez. Ca doit être pour cela qu’ils tirent sensiblement la gueule, les chauffeurs ... Faudrait leur dire que c’est pas grave et c’est surtout pas une raison pour écraser les cyclistes sans cervelle même s’ils font n’importe quoi sur la route. Ou pour pas prendre les auto-stoppeurs-bambi-un-jour-de-pluie.

 

Mais bon comme je l’ai été aussi un jour, je peux ici témoigner que c’est cher d’être “motorisé”. Houlala qu’est-ce que c’est cher.... En fait tout cela semble très simple, les voitures ont pris le pouvoir et depuis l’homme se démène pour satisfaire leurs appétits gigantesques à ces inconsolables tas d’acier et de plastique montés sur roues. Rien n'est assez beau pour elles. Avides, elles dévorent les kilomètres ces voitures; coquines,elles fument le pétrole et mal élevées, elles chient du carbone. Mais en plus, elles nous font transformer l’or en (sans) plomb. Curieuse alchimie!

 

 

Et là j’arrive -lentement- à ce que je voulais introduire : comment rémunérer mes braves chauffeurs ? Question épineuse car je ne voudrais pas que l’on se méprenne. Ecolo mais pas radin ayant trouvé là un bon prétexte (genre taxe carbone)

 

 

Alors?  Après mûre réflexion, la solution se trouve dans les étoiles... Oui, les étoiles. Ben quoi, vous avez jamais parler du GPS ?  Bon, attention cela va se passer très vite : via l’entremise d’un petit gadget top branché de la vie moderne muni d’un GPS et qui fait aussi téléphone, baladeur voire religion; c’est simple, j’évalue les kilomètres et puis ensuite je multiplie par 0,35 ( barême des impôts) ce qui correspond grosso modo à une 6 CV fiscaux roulant entre 10 et 15000 kms par an. Tu roules en Hummer ? désolé, chacun sa merde.... Et puis je divise par le nombre de personnes présentes à bord. Et je propose de payer.

 

C’est là que cela se complique car tout le monde me refuse, même si à la fin cela fait une somme.... Bon, j’essaie de payer un coup à boire, (programme  “bière contre pétrole” ). Et puis je note, je fais mes comptes, les propose à mes chauffeurs-dealers réguliers. Ils veulent l’argent ? Je paye. Il le veulent pas, je l’offre à une ONG de leur choix. “Tu nous emmerdes, garde les et fait pas chier”. Bon ben cela ira vers une ONG de mon choix, du genre barbus qui veulent changer le monde. Attendez un instant, je pensais pas à Oussama et Cie, je pensais plutôt à d’obscurs écolos...qui proposent de se passer de voiture. Finalement ça changerait pas beaucoup : donner de l’argent à des terroristes, on le fait à chaque kilomètre ...


Par Bruno Deloustal
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Jeudi 8 octobre 2009

Partir c’est bien. Revenir (entier) pas mal non plus. C’était bien et pour ceux qui sont curieux, cela a donné ça www.getjealous.com/towardsnz et www.picasaweb.com/bruno.deloustal

 

Restait à atterrir et à rebondir ... Parce que voyager, c’est concrétiser un rêve, un rêve d’évasion qui planait par là, en suspension, comme une issue de secours qui brille dans la pénombre de certains moments. En cas de besoin, brisez la tirelire....Mais voilà, j’ai perdu ma virginité et je ne vois pas spécialement d’issue - encore moins de de salut- dans le voyage. De beaux moments, de belles rencontres et à l'occasion de quelques menues galères, de sacrées leçons ! C’est donc certes à faire si vous en ressentez l'envie mais la nature humaine reste là bas ce qu’elle est ici, c’est à dire belle et décevante. Cruelle ou bonne, c’est selon. Et (mal)heureusement (im)prévisible.

 

 

Pourtant, l’idée de repartir est bien là. Après tout ce serait si simple. Envoyer tout péter et repartir. Pourtant ... je reste ici. Le mot de la fin? Il se dérobait. Alors, alors ? il m’a fallu un peu de temps et je l’avoue, on m’a soufflé la solution (merci à toi, anonyme homonyme):

 

Il ne faut pas repartir en voyage, il faut continuer à voyager.

 

Oui, ça c’est bon comme concept ... voyager sans partir ... géniaaal !  Cela me rappelle des paroles d’une chanson qui m’a bien tenu compagnie en route; à l’envers comme à l’endroit :

 

On peut caresser des idéaux sans s’éloigner d’en bas; on peut toujours rêver de s’en aller mais sans bouger de là. (Bertrand Cantat)

 

 

Alors, porté sur ces deux phrases baptismales, un nouveau blog. Nettement moins exotique, vous me le pardonnerez. On fait ce que l’on peut ... .Un blog pour mettre à profit ces derniers mois de voyage. Pour embarquer dans un autre beau voyage, le voyage quotidien; ce quotidien qui recèle autant de trésors que nous osons en inventer. 

 

 

Bonne lecture et surtout ne vous forcez pas : L’auteur ne vous tiendra pas rigueur de votre manque d’assiduité et vous demande par avance d’excuser le sien.


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Bon ! ce qui suit c'est pour préciser le cadre philosophique et c'est donc d'un intérêt limité....

En Vie sans ma voiture
 


“Tout est entendu, tout est foutu”. C’est pas moi, c’est les autres. Les autres ce sont (rayer la mention inutile)  le gouvernement- le gouvernement des autres- ta belle mère- les communistes-les fascistes- Dieu - le dieu des autres- ....

 

Je voudrais bien faire quelque chose mais à quoi bon si les autres ... les autres ... les autres. Ce qui disent comme ça ... On connaît la chanson.

 

N’aurions nous alors aucune prise sur les événements, aucune responsabilité individuelle? Aucun de nos actes n’aurait de conséquence, bonne ou mauvaise ? A chacun sa réponse, voici la mienne: oui, ce que nous faisons a des conséquences. Et c’est heureux car si on y adjoint un peu de volonté, alors oui, nos actes individuels comptent : oui, nous pouvons. Je la refais en anglais “Yes we can”, c’est plus vendeur.

 

Ce qui est important c’est la manière et non le résultat. Ni le geste, ni la pensée, ne peuvent naître sans une certaine éthique. Ou ne devraient. Si on fait souvent plus ce que l’on peut que ce que l’on voulait faire, cela ne doit pourtant pas nous empêcher de vouloir l’impossible. Je sais, l’idéalisme, ce n’est plus très tendance. Pourtant c’est le bagage qui pèse le moins lourd et qui est peut-être le plus nécessaire après le gîte et le couvert.

 

Vouloir l’impossible. Et dans le même temps, aussi, accepter le peu; arracher autant qu’on peut à ce que l’on croit impossible. Le combat ordinaire et quotidien et nos actes individuels qui sont les ferments des actions plus vastes. Et en attendant que tout le monde s’y mette, ça commence par une prudente déclaration de sécession :  “Yes I want”

 

Premier projet pour l’instant :  se passer de voiture sans pour autant renoncer à une vie “normale”. Bien plus difficile que de traverser la moitié de la planète sans prendre l’avion ....Situons le lieu dans lequel l’expérience se déroule, depuis près de 5 mois : la Haute-Savoie. Vous savez les alpages, les glaciers et les lacs. Yolala-i-ou, la marmotte elle met le chocolat dans le papier. Mais aussi un endroit un peu “chacun dans son coin”. Responsabilité individuelle, conséquences collectives. Un terreau fertile donc pour l’individualisme et son fidèle destrier : la mobilité individuelle aka la voiture. Un endroit où ne plus rouler en 4x4 de ville est déjà un geste. 

 

Voilà le décor planté.  Embarquez, venez explorer le côté obscur de la mobilité : stop, trains, bus, cars, vélo, covoiturage, autopartage ....; la liste est longue, infinie en fait. La principale raison : le bon sens ( et comme souvent, le portefeuille  ne s'en plaint pas). Et puis aussi, un peu de ce piment- l’imprévu - et des rencontres le long de la route. Pour pas que celle-ci ne se transforme en routine.

 



 
Par Bruno Deloustal
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